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La Famille ALINS en vadrouille

La Famille ALINS en vadrouille

De Londres à Lyon et souvent bien au-delà. Les lieux, les évènements, les arts ou les concerts qui font d'une vie une riche pérégrination familiale.


Le Clos Jouve et les dessous coquins de la Fanny (Lyon)

Publié par ALINS sur 19 Juin 2016, 22:34pm

Catégories : #Lyon, #Insolite, #Sports

"Etre fanny", "Se prendre une fanny" ou la honte absolue de tout joueur de boules, celle de perdre une partie sans avoir marqué le moindre point. Soit une défaite 13 à 0, cauchemar des joueurs du dimanche comme des compétiteurs émérites écumant les concours de nos régions.

L'expression prend son origine en 1870 sur le plateau de la Croix Rousse, au Clos Jouve, haut lieu français du jeu de boules où une jeune femme nommée Fanny venait consoler les perdants n'ayant marqué aucun point...

Ancienne vigne appartenant à la famille Jouve, le terrain du Clos Jouve fut cédé à l'armée en 1840 comme camp d'entrainement. Quelques années plus tard, il devint le plus grand boulodrome lyonnais et vit naitre, en 1850, la première Société Officielle du Jeu de Boules en France. Il est composé aujourd'hui de 16 terrains ... à l'abandon. Une sculpture de l'artiste Geneviève Böhmer, rend hommage à ce lieu historique et propose en son sein une surprise au curieux visiteur...

Ancienne vigne appartenant à la famille Jouve, le terrain du Clos Jouve fut cédé à l'armée en 1840 comme camp d'entrainement. Quelques années plus tard, il devint le plus grand boulodrome lyonnais et vit naitre, en 1850, la première Société Officielle du Jeu de Boules en France. Il est composé aujourd'hui de 16 terrains ... à l'abandon. Une sculpture de l'artiste Geneviève Böhmer, rend hommage à ce lieu historique et propose en son sein une surprise au curieux visiteur...

Fanny, au grand coeur mais à l'esprit un peu simple passait son temps à admirer les joueurs sur le boulodrome de la Croix Rousse. Elle attirait à l'écart les malheureux perdants et retroussait ses jupes pour leur montrer son plantureux derrière en guise de consolation.

La boule lyonnaise (jeu en mouvement appelé également "la longue") se répandit en Provence sous le nom de "jeu provençal" puis en 1910 dans toute la France dans une version plus simple et plus statique, la pétanque. La tradition de la fanny connut le même engouement et devint plus grivoise encore, les cafés ou clubs de boules de l'hexagone possédant alors une réprésentation des fesses de la Fanny (à défaut de pouvoir trouver des volontaires) que devait embrasser l'équipe qui perdait 13 à 0.

A l'intérieur de la sculpture de bronze se trouve un postérieur rebondi, rendant ainsi un hommage à la Fanny lyonnaise, à l'origine d'une coutume païenne d'une France quelque peu paillarde.

A l'intérieur de la sculpture de bronze se trouve un postérieur rebondi, rendant ainsi un hommage à la Fanny lyonnaise, à l'origine d'une coutume païenne d'une France quelque peu paillarde.

Les images, photos ou icones représentant la tradition "d'embrasser Fanny" sont nombreuses encore aujourd'hui ... mais chez les antiquaires ou les brocanteurs.Les images, photos ou icones représentant la tradition "d'embrasser Fanny" sont nombreuses encore aujourd'hui ... mais chez les antiquaires ou les brocanteurs.

Les images, photos ou icones représentant la tradition "d'embrasser Fanny" sont nombreuses encore aujourd'hui ... mais chez les antiquaires ou les brocanteurs.

Qui mieux que Marcel Pagnol pouvait décrire ce rituel né à Lyon dont nous retrouvons quelques lignes dans "Le temps des amours" (la partie de boules de Joseph) :

"- La Fanny ! La Fanny !

- C’est la tradition, dit le journaliste. Il me semble que nous devons la respecter !

À ces mots, deux jeunes gens entrèrent en courant dans la salle du Cercle et en rapportèrent, au milieu de l’allégresse générale, un tableau d’un mètre carré, qu’ils tenaient chacun par un bout. Les trois perdants s’avancèrent, avec des rires confus, tandis que la foule applaudissait. Je m’étais glissé jusqu’au premier rang et je vis avec stupeur que ce tableau représentait un derrière ! Rien d’autre. Ni jambes, ni dos, ni mains. Rien qu’un gros derrière anonyme, un vrai derrière pour s’asseoir, que le peintre avait cru embellir d’un rose qui me parut artificiel. Des voix dans la foule crièrent :

- À genoux !

Docilement, les trois vaincus s’agenouillèrent. Deux faisaient toujours semblant de rire aux éclats, mais le troisième, tout pâle, ne disait rien et baissait la tête. Alors les deux jeunes gens approchèrent le tableau du visage du chef de l’équipe et celui-ci, modestement, déposa un timide baiser sur ces fesses rebondies. Puis il fit un grand éclat de rire, mais je vis bien que ce n’était pas de bon cœur. Le plus jeune, à côté de lui, baissait la tête et le muscle de sa mâchoire faisait une grosse bosse au bas de sa joue. Moi, je mourais de honte pour eux… Cependant, quelques-uns les applaudirent, comme pour les féliciter de la tradition et M. Vincent les invita à boire un verre : mais le chef refusa d’un signe de tête et ils s’éloignèrent sans mot dire."
 

Qui mieux que George Brassens pouvait également l'effleurer dans le troisième couplet de sa chanson "Vénus Callipyge" :

"En le voyant passer, j'en eus la chair de poule,

Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui vou'

Un culte véritable et, quand je perds aux boules,

En embrassant Fanny, je ne pense qu'à vous. (bis)"

Moins nombreux, il reste cependant à Lyon - notamment du côté de Perrache - des clubs de boules, prolongeant la tradition sportive ou la mémoire, sur un air de guinguette, d'une certaine Fanny.

Le Clos Jouve et les dessous coquins de la Fanny (Lyon)

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