Il parait que les prix du marché immobilier londonien ainsi que le niveau des ventes des voitures de luxe dépendent directement des bonus versés aux traders de la city. A la vue des personnes
fréquentant les agences immobilières ou les concessionnaires de certaines marques en ce début d'année (les bonus sont versés en janvier - février), j'en suis persuadé. Et malgré la taxation à 50%
des bonus, il semble que la vieille pierre londonienne et les carrosseries sportives aient encore de beaux jours à vivre.
Exemples en images de voitures haut de gamme, dont le nombre dans les quartiers ouest de la capitale nous a sidéré.
* Porsche : l'article étant un peu long, ne perdons pas de temps avec les Mercedes, BMW et autres Audi pour nous consacrer au symbole du sport automobile allemand. Leur nombre est tel
que Jacques Séguéla aurait pu dire : "Si à 50 ans tu n'as pas ta Porsche, c'est que tu as raté ta vie" ! Même les jeunes mariés en ont une !
Lorsqu'il faudra ranger les poussettes, ce sera une autre paire de manche vu la taille du coffre. Dire que j'ai débuté sur une 2cv Charleston (qui a fait tout de même le festival de Donington et
une ascension mémorable en Andorre). Cela nous a valu ceci dit des moments inoubliables.
* Rolls Royce : la totalité des Rolls Royce dans le monde doit se trouver à Londres, ce n'est pas possible autrement ! Bon, ce sont des voitures plutôt destinées à la noblesse
britannique qu'aux jeunes loups de la finance. D'ailleurs, la plupart du temps, Rolls Royce rime avec chauffeur.
La marque fut créée en Grande Bretagne en 1906 par Charles Stewart Rolls et Henry Royce et perdit son indépendance en 1998 pour rejoindre Volkswagen, puis BMW cinq ans plus tard. Le fameux
symbole sur le capot se nomme : "Spirit of Ectasy'.
* Bentley : voiture de profil et de clientèle similaires aux Rolls Royce dont elle fut d'ailleurs une des filiales de 1931 (suite à la crise économique de 1929) à 1998. Cette
marque britannique a été fondée en 1919 et est la propriété de Volkswagen depuis 1998.
* Ferrari : elles sortent le week end, par beau temps, pour parcourir les rues à la mode de Londres. Blonde élégante à bord obligatoire !
Lors d'une promenade d'Ulane, nous en avons vu une se garer devant un pressing. Suivie d'une seconde quelques minutes plus tard. Et enfin d'une Porsche par la suite !
J'ai du expliquer à Ulane qu'il ne fallait pas uriner sur les pneus ! Bon, j'en ai trouvé une rouge quand même.
* Maserati : la fameuse marque italienne au trident, fondée en 1914 par les deux frères Masérati, est aussi présente. Tout comme Ferrari, elle est actuellement propriété de Fiat
après être passée entre plusieurs mains (dont Citroën, et oui).
* Lamborghini : là, on arrive au top. On en voit plus dans les garages, à l'abri, que dans la rue (on en a croisées deux ou trois depuis notre arrivée mais nous n'avions pas
l'appareil photo). Si vous entrez dans un parking où se trouve une Lamborghini, c'est que vous n'avez pas bien regardé les tarifs à l'entrée (attention la virgule sépare ici les milliers et non
les décimales).
Et en vous garant, faites attention au pare-choc du voisin sinon il vous faudra un avocat 5 étoiles pour vous défendre lors du procès !
* Aston Martin : la voiture de nombreux James Bond (de Goldfinger en 1964 à Casino Royale en 2006). Marque anglaise fondée en 1914, elle suit un destin chaotique depuis 1994 et son
rachat par Ford. Elle est aujourd'hui la propriété d'investisseurs du Kowait et du Royaume Uni.
* La Figaro : Quès aco ? Avec leurs couleurs pastels (rose pour les dames, vert pour les messieurs), on en voit surgir régulièrement des rues londoniennes.
Je pensais avoir affaire à une voiture des années 50 ou 60. Et bien pas du tout. Il s'agit d'une édition limitée, produite par Nissan en 1991 à 20000 exemplaires sur la base de la Micra. Elle
possède tout le confort : CD, clim, ... La, j'ai bien été bleuffé.
* La Mini Cooper : finissons par LA voiture londonienne. On la trouve partout, dans tous les quartiers, se faufilant aisément dans le traffic. Mini faisait partie du groupe Rover (marque
anglaise fondée en 1877), et ce jusqu'en 1994 et sa cession à BMW. Du groupe Rover il ne reste plus rien, Land Rover étant propriété du groupe indien Tata (tout comme Jaguar) et les autres
marques ont été cédées à des industries chinoises.
En lisant ces lignes, vous aurez compris que l'industrie automobile anglaise n'existe plus malgré son histoire et ses fleurons. Toutes les marques ont été revendues et les sites de production
délocalisés. Les gouvernements successifs ont parié sur une société de services. Pas sur que le crise actuelle et la faiblesse de la livre sterling leur donne raison.
Quelques voitures rétros pour finir, croisées ici et là. Un petit air de tradition, toujours.