La nouvelle exposition de la Saatchi Gallery est consacrée à la photographie, quelle soit purement artistique, réaliste, choquante, futile ou même mutilée. Les oeuvres présentées sont particulièrement instructives et réussies, méritant vraiment une visite du côté de Sloane Square. Nous retiendrons notamment les différents portraits et visages, reflets d'histoires individuelles qui se juxtaposent le long des douze salles de la galerie.
Dès la première salle, les portraits de Katy Grannan sont une véritable claque. Les anonymes qui ont été immortalisés par l'objectif de la photographe américaine expriment la fierté d'une vie riche de succès et de ... désillusions (ci-dessus).
Plus sombre, l'immense visage reproduit par Mat Collishaw sur mosaïques traduit la cruauté et la violence humaine d'une société moderne qui a fini hélas par s'en accomoder (ci-dessous).
Dans la salle 4, les collages de John Stezaker à partir de vieux ouvrages destinés à être détruits fusionnent les individus entre eux ou usurpent leurs identités. L'artiste se qualifie d'ailleurs lui même comme un voleur...
Moins anonyme, le portrait de la Reine Elisabeth II, la montrant les yeux fermés, n'aurait pas été autorisé il y a vingt ans. La souveraine se reposait dans une pose méditative entre deux prises de vue lorsque Chris Levine captura ce rare moment.
Nous avons également apprécié les photos aériennes de villes, recréées à travers les collages de Sohei Nishino; les paysages figés par Luis Gispert à partir d'une cabine de camion ou les mises en scène de Noémie Goudal. Autant de raisons de visiter "Out of focus : photography".
Retrouvez l'exposition précédente de la Saatchi Gallery : L'art contemporain allemand s'expose à la Saatchi Gallery