Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Famille ALINS en vadrouille

La Famille ALINS en vadrouille

De Londres à Lyon et souvent bien au-delà. Les lieux, les évènements, les arts ou les concerts qui font d'une vie une riche pérégrination familiale.


La mort et les papillons selon Damien Hirst (Tate Modern)

Publié par ALINS sur 17 Septembre 2012, 22:30pm

Catégories : #Art et Culture, #Londres, #Exposition, #Musées

La première grande rétrospective de l'oeuvre de Damien Hirst (seulement quadragénaire pourtant) qui s'est tenue au Tate Modern, était la troisième des expositions de "London 2012" dédiées aux artistes britanniques majeurs de l'époque contemporaine. Après David Hockney en mars dernier (David Hockney redonne des couleurs à la campagne du Yorkshire (A Bigger Picture) , puis Les portraits de Lucian Freud (National Portrait Gallery) un mois plus tard, nous avons découvert fin juin dernier les réalisations de Damien Hirst qui mélangent  la beauté au morbide et la fascination au dégout. Attirant.

P1030399

(L'une des sculptures du corps humain de l'artiste britannique accueillant les visiteurs sur le parvis du Tate Modern)

Damien Hirst, élève indiscipliné qui dut son salut au dessin et à l'art, fut la figure de proue de la nouvelle génération des artistes britanniques durant les années 1990s (mouvement des "Young British Artists" que Charles Saatchi et sa célèbre galerie mis sur le devant de la scène londonienne et internationale).

La mort, inéluctable (si, si...), a pris une place centrale dans l'oeuvre de cet enfant terrible de l'art qui semble lui vouer une véritable fascination. Etudiant, il passa d'ailleurs de nombreuses heures dans les salles d'anatomie à dessiner avant de travailler quelques temps dans une morgue. L'une des premières salles de l'exposition fut d'ailleurs pour nous un vrai uppercut : elle regroupait des animaux plongés dans du formol, certains d'entre eux ayant été coupés en deux. Vous pouviez ainsi passer entre les deux moitiés d'une vache dont les organes sombres dénotaient une décomposition lente mais toujours active... (la prise de photos étant interdite, les images suivantes sont de source internet)

DamienHirst2 DamienHirst3

(Le requin tigre gueule ouverte de "The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living" est devenu l'un des icônes du mouvement des "Young British Artists". A droite, nous n'avons pu nous détacher de la tête de veau sanguinolente dont des milliers de mouches en faisaient un festin)

Autres ambiguïtés entre la vie et la mort, les vitrines de pillules colorées ou de mégots de cigarettes usagés possèdaient de loin l'esthétique des joailleries et le sérieux des pharmacies. Les premières donnent l'illusion à l'homme de pouvoir le soigner éternellement quand les seconds le précipitent dans la maladie...

DamienHirst1 DamienHirst6

Le passage dans la salle aux papillons fut l'un des moments forts de l'exposition. Dans cette pièce humide agrémentée d'une multitude de plantes, de magnifiques lépidoptères volaient autour de nous en s'arrêtant sur les bols de fruits mis à leur disposition. Grâce, légèreté et beauté qui tranchaient avec les salles précédentes.

Dans les salles suivantes, nous avons rapidement compris le sort réservé à nos hôtes multicolores : les collages de milliers d'ailes de papillons s'étaient transformés en d'extraordinaires tableaux.

DamienHirst4 DamienHirst5

DamienHirst7

(Quand  les ailes de papillons deviennent même des vitraux grandioses. Une ambiance qui nous a rappelé quelque peu le dénouement du "Silence des agneaux"...)

Damien Hirst est aujourd'hui autant encensé que critiqué. Utilisant de nombreux assistants pour réaliser ses oeuvres, accusé à plusieurs reprises de plagiat, il est devenu un véritable homme d'affaires dont la fortune dépasse les 200 millions de livres. Très prolifique, les prix de ses réalisations seraient maintenus artificiellement par des investisseurs liés à l'artiste. La spéculation ne semble pas être l'apanage des seules salles de marché de la City...

Nous avons cependant beaucoup apprécié cette rétrospective, collés comme de petits papillons à la lumière de la mort... Elle s'est terminée le 9 septembre dernier (nous n'étions pas totalement à jour dans nos articles mais Londres avance si vite!)

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !